Je suis re-née.
Il y a quelques semaines.
Une révélation.
Une vraie.
Celle qui vous change la Vie, qui vous reconnecte à votre moi profond.
J’ai eu la chance de la vivre, pour de vrai, avec un livre.
Ce livre a fait venir à ma conscience ce que me criait une petite voie intèrieure depuis que j’avais commencé un pénible -mais necessaire et finalement vital- cheminement intèrieur.
Tant de personnes, tant d’évennements, tant de lectures,de rencontres, m’ont guidé vers cette révélation que je ne pourrais toutes les citer.
Je vais me contenter de vous parler de CE livre:
Pour moi qui souffrait d’endométriose depuis tant d’années, au point que fin 2008 planait sur moi l’épée de l’hysterectomie, j’ai senti comme une urgence à prendre le problème à bras le corps.
Une amie m’a guidée vers ce livre, j’ai un peu tergiversé, puis je l’ai commandé.
Lorsqu’il est arrivé j’ai consulté l’index, trouvé endométriose.
J’ai lu.
Plusieurs fois.
Puis j’ai regardé le nom des auteurs, me demandant s’ils me connaisaient.
Tellement c’était moi qu’ils décrivaient…
La prise de conscience a été brutale, mais non douloureuse.
Juste des mots, enfin mis sur ce que je savais depuis longtemps.
Je suis plus légère, là d’un coup ,dans ma salle de bains ou je me suis installée pour regarder ce livre (mon livre…).
Quelque chose vient de s’enlever des mes épaules.
Quelque chose qui y pesait depuis si longtemps.(toujours?)
La culpabilité.
Et au délà le sentiment de devoir toujours faire mieux, faire plus, JUSTIFIER de ma sur-vie, montrer aux autres (et à moi-même) que je méritais de vivre.
Comme si le fait d’être differente me rendait moins digne de vivre…
Peut-être parce que personne ne m’avait jamais dit le contraire…
Epuisée.
J’étais épuisée de toujours donner plus, toujours tenter d’être à la hauteur(de quoi?), essayer juste d’atteindre la perfection…
Et bien sur c’était le contraire qui me tombait dessus…
Et d’un coup, j’ai senti cette chape de plomb s’envoler…
J’ai pu être moi, et plus seulement la mère de…le femme de …la rigolote, l’intello, l’infirmière…
Juste moi.
Une personne comme une autre, avec ses défauts,ses qualités, sa raison d’être.
Aussi necessaire sur cette terre que n’importe qui, sans avoir à remuer ciel et terre pour cela…
Une mère qui n’a pas besoin de toujours essayer d’en faire plus, de faire mieux, pour être reconnue comme telle.
Je me suis regardée dans la glace et je me suis à peine reconnue.
J’ai regardé celle que je n’étais plu, celle qui s’éloignait de moi, celle qui souffrait dans son corps, dans sa féminité, dans sa représentation.
Et j’ai décidé que plus jamais.
J’ai décidé de m’aimer.
J’ai décidé que j’avais le droit.
Le droit à tout.
Moi qui ne m’étais jusqu’alors reconnue que des devoirs.
Le droit d’être aimée.
Par moi-même en premier.
Le droit d’avoir raison, d’avoir tort, d’avoir mal, d’être heureuse, de rire ,de pleurer, de ressentir sans me poser plus de questions.
Alors j’ai senti la carapace s’effriter autour de moi,tomber à terre sans un bruit et je me suis sentie la même mais differente, emplie d’une force qui ne devait rien à la rage, mais tout à la conscience de mon humanité.
Et de puis je profite.
De la vie, du soleil sur mon dos, de la caresse de mon chat sur mes genous, du rire de mes enfants, du désir de mon mari, et tout le reste s’en est allé avec la souffrance et la culpabilité, la tristesse, le remord, les regrets, la fatigue et la douleur.
Enfin.